Piqûre de rappel démocratique

Filmée et retrans­mise en direct, la séance durant laque­lle le Con­seil com­mu­nal d’Echallens a accep­té, le 28 mai dernier, de ven­dre au Can­ton le ter­rain du futur gym­nase a été intéres­sante à plus d’un titre. On a vu fonc­tion­ner le lég­is­latif chal­len­sois, ces hommes et ces femmes élus pour défendre les intérêts de leurs conci­toyens. Des élus qui, avant la séance, ont reçu plusieurs mes­sages les ren­dant atten­tifs au fait que cette vente et le futur gym­nase soule­vaient de nom­breuses ques­tions aux­quelles per­son­ne n’apportait de réponse.

Plutôt que de se réjouir de ces man­i­fes­ta­tions d’intérêt pour les affaires de la com­mune, cer­tains Con­seillers en ont été agacés: «Nous sommes élus pour cinq ans, les gens doivent nous laiss­er accom­plir notre tâche sans s’en mêler», «Ceux qui ne sont pas con­tents n’auront qu’à se présen­ter au Con­seil com­mu­nal lors des prochaines élec­tions».

Ce qu’oublient celles et ceux qui pensent que les voix de leurs conci­toyens ne comptent que lorsqu’il s’agit de les élire, c’est qu’une des forces de la Suisse, une de ses ver­tus, c’est cette capac­ité qu’à le peu­ple d’interpeller ses représen­tants. Nos ancêtres se sont bat­tus pour ça, et même si cela déplaît à ceux qui se drapent frileuse­ment dans les prérog­a­tives de l’Autorité, nous n’allons pas aban­don­ner nos droits, nous n’allons pas renon­cer à nous mêler de ce qui nous regarde.

Cela s’appelle la démoc­ra­tie directe, et celle-ci ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. C’est pourquoi le référen­dum que pro­posent les opposants à la vente du ter­rain de Court-Champ aux con­di­tions dans lesquelles elle s’est faite est une belle occa­sion pour les Chal­len­sois de réaf­firmer leur attache­ment à notre tra­di­tion démoc­ra­tique.

Que l’on soit pour ou con­tre le gym­nase, et même si l’on s’en fiche, il est impor­tant de sign­er la demande de référen­dum. Ceci pour qu’un débat pub­lic puisse enfin avoir lieu sur cette ques­tion, que la pop­u­la­tion soit infor­mée comme elle le mérite et qu’un proces­sus par­tic­i­patif soit mené.

Il est aujourd’hui devenu indis­pens­able que les Chal­len­sois­es et les Chal­len­sois puis­sent s’exprimer sur le pro­jet de gym­nase. C’est comme ça que se cul­tive, pour le meilleur, la cohé­sion d’une com­mu­nauté comme la nôtre.

- Patrick Mori­er-Genoud -

Share This